Toulon  Var agglomération Qualité France Média Economie Culture Justice et injustices Cuverville sans frontière Cuverweb pratique
Maison fondée à Toulon en 1995

LETTRE D'INFORMATION | CONTACT

AMAP - Association pour le maintien d’une agriculture paysanne

mardi 6 juillet 2004
par Bourbaki

La tomate se porte-t-elle bien ? « La production attendue devrait légèrement progresser en 2004, la tomate grappe surtout. Depuis la fin mars, l’offre française, est fortement concurrencée par les productions des pays du Sud et des Pays-Bas. Dans un contexte de faible consommation et de pression concurrentielle, les cours sont inférieurs à ceux observés habituellement à ce stade de la campagne » [1].

Les fraises ont la pêche, les choux-fleurs ne valent plus un radis. Voilà le lot quotidien des exploitants agricoles depuis que les banquiers s’intéressent au travail de la terre. « ON est passé d’une agriculture paysanne à une agro-industrie pour satisfaire la spirale infernale : toujours plus beau, toujours plus gros, toujours moins cher » [2]. Dans le Var, 3500 exploitations agricoles ont disparu entre 1988 et 2000.
Comme dans tous les secteurs économiques, il n’y a bien souvent qu’une alternative : investir, s’adapter aux nouvelles technologies et se retrouver dépendant d’un système en moins de temps qu’il n’en faut pour claquer des doigts. Engrais, insecticide, culture hors sol, OGM, de quoi relancer la croissance dans un contexte de concurrence très stimulant pour les multinationales de l’agro-alimentaire et de la pétrochimie.

Soleil vert. Un monde où les tomates poussent sous serre dans de la laine de roche et sont nourries par un liquide contrôlé par ordinateur est-il merveilleux ? Dans les années 90, l’aspect négatif et dangereux de certaines pratiques productivistes est médiatisé par la maladie de la vache folle, une tuile économique. Certains pensent que le profit à tout prix nous fait marcher sur la tête et le font savoir. Une opération médiatique est menée durant l’été 1999, le Mcdo de Millau est démonté, José Bové finira en prison. On parle de la malbouffe.
Au tournant du siècle, les propriétaires d’une des dernières exploitations agricoles d’Ollioules, la ferme des Olivades, reviennent de New York avec une découverte en poche : les Community Supported Agriculture (CSA) [3] qui constituent une alternative très intéressante. Des groupes de consommateurs et des agriculteurs s’associent dans le cadre d’une économie solidaire, les consommateurs payent la production agricole à l’avance et reçoivent en échange un panier de fruits et légumes de saison chaque semaine. Maintien d’une agriculture de proximité, produits diversifiés de grande qualité nutritive et gustative, aucun engrais chimique ni pesticide [4] : difficile de trouver des inconvénients.

Le début de l’aventure. Après un café Attac sur la malbouffe organisé à Aubagne en février 2001, les Vuillon rencontrent des consommateurs partants pour tenter l’aventure. Deux mois plus tard la première AMAP est née. Le phénomène va s’amplifier. « Au début, ça a été un petit peu une curiosité, c’était pour certains agriculteurs une utopie et beaucoup avaient envie de voir comment ça aller marcher ». Devant la demande des consommateurs d’autres agriculteurs décident de tenter l’aventure. Le projet est accueilli au sein de l’association Alliance qui diffuse le concept d’AMAP en organisant un forum régional fin 2003 et un colloque international [5] début 2004. En 3 ans, 41 AMAP voient le jour dans la région Paca. Elles participent au maintien de 66 fermes qui nourrissent plus de 6500 consommateurs. En contrepartie, ces derniers apportent 45000 euros/semaine aux agriculteurs et depuis le démarrage, en avril 2001, le chiffre d’affaire de cette économie dépasse les 2,3 millions d’euros.

Imprimer Imprimer

Le dossier AMAP du site d’Attac-Var.

Pour savoir si vous avez une AMAP près de chez vous.

Le site des Olivades à Ollioules, la première AMAP.

[1] Extrait de la conjoncture par domaine sur le site areste.agriculture.gouv.fr.

[2] Extrait d’une intervention de Daniel Vuillon, propriétaire de la ferme des Olivades à Ollioules.

[3] « Un modèle unique d’agriculture locale dont les racines remontent à 40 ans en arrière au Japon, quand un groupe de femmes concernées par les taux de pesticides actuellement utilisés sur les cultures et le risque d’empoisonner leurs enfants mais aussi concernées par la croissance de l’importation de marchandises, en opposition à la constante diminution des fermiers locaux, ont initié une relation directe, de cultiver et de consommer, entre leur groupe et un fermier local. Cet arrangement, appelé "Teikei" en japonais, se traduit par "mettre le visage du fermier sur la nourriture" » (sur le site des Olivades).

[4] La dernière étude disponible de la commission européenne date de 2001 . « Ce rapport fait la synthèse des analyses des résidus de pesticides effectuées dans l’ensemble de l’Union européenne sur 46000 échantillons de fruits, légumes et céréales [...] 59% des échantillons ne contenaient aucun résidu détectable, tandis que 37% renfermaient des résidus détectables à un niveau équivalent ou inférieur aux limites maximales de résidus (LMR). En moyenne, 3,9% des échantillons (de 1,3% à 9,1% selon les États membres) dépassaient les LMR ». Ce qui n’empêche pas les experts d’affirmer que « la concentration des résidus trouvés était insuffisante pour nuire à la santé de ceux qui auraient consommé les produits concernés ».

[5] Le deuxième colloque international des AMAP se tiendra fin Février 2005 au Portugal.

<span style='text-transform: uppercase;'>Economie</span>
Dans la m?me rubrique
De la justice fiscale, et de la chaîne du Livre dans cette galère
(06/12/2011) (2 messages)
Dexia : le cas de l’agglomération toulonnaise
(23/09/2011) (5 messages)
Un économiste grand comme la porte d’Aix
(07/03/2010) (1 message)
Tramway : Toulon suffoque, Toulon recule
(12/05/2009) (7 messages)
Toulon et le rugby à XIII : des cadavres dans le placage
(02/09/2008) (12 messages)
Les pollutions nocturnes d’Hubert Soleil Falco (2/2)
(31/12/2007) (3 messages)
Les pollutions nocturnes d’Hubert Soleil Falco (1/2)
(31/12/2007) (4 messages)
Carrefour et la pub : puis-je vous prendre pour des cons ?
(11/07/2007) (12 messages)
Elitisme et rugby : des solutions à l’aile
(08/11/2005) (2 messages)
Rugby : les pros et les anti
(20/10/2005) (7 messages)
Les br?ves
Hubert Falco : la taupe des temps modernes
(26/11/2011)
Crazy Squirrel : bouffer des glands rend décidément très con
(27/10/2008) (1 message)
La Crau recourt aux fermiers généraux
(02/03/2008)
Comment j’ai aggravé le trou de la Sécu
(22/07/2007) (2 messages)
Un aller simple pour la capitale - en avion - à moins de 10 euros !
(05/01/2005) (2 messages)
Sarkozy, la TVA sociale et la pierre philosophale
(10/11/2004) (11 messages)
Auchan de bataille, par Jocrisse
(07/11/2004) (2 messages)
Bosch : du travail de prolos, par Jocrisse
(27/08/2004) (1 message)
Une réforme aigre-Douste, par Jocrisse
(25/06/2004)
La canicule ou les plans sociaux !
(17/04/2004) (2 messages)