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Mort des partis idéologiques...

...et renaissance des "associations d’idées" !?
mercredi 20 juin 2007
par Eric Litot

Offre politique médiocre, débats indigents et "pipolisation" du personnel politique créent un vide intersidéral entre citoyen et classe politique.

Dans cet espace béant naissent des mouvements, des associations, des groupes de réflexion plus ou moins formels, mais qui tentent tous de redonner un sens à la chose politique.

C’est le cas de la toute jeune association Mouvement Citoyen Gardéen qui propose de "rassembler les citoyens gardéens soucieux de s’engager dans la vie de leur commune dans une démarche de démocratie participative" et d’"agir sur le territoire de la commune de La Garde pour la promotion de la démocratie participative".

A l’occasion du premier diner-débat du MCG (le 6 juin dernier), sa Présidente, Stéphanie SUBY, se lance, devant le micro de Cuverville, dans le difficile exercice de l’argumentation.

QUI êtes-vous ?
Le Mouvement Citoyen Gardéen est officiellement né en janvier 2007 mais travaille ardemment depuis octobre 2006. C’est une bande d’amis qui a décidé de se réunir régulièrement pour débattre de thématiques politiques, ou, pour reprendre les vieilles expressions, pour s’occuper de la vie de la cité.

On commence vraiment ce soir avec un débat sur la démocratie participative avec l’objectif de redonner aux citoyens les moyens de cogérer leur environnement. C’est une vaste idée qui n’a rien à voir avec l’anarchie. On entend très souvent le terme de démocratie participative, terme aujourd’hui très galvaudé. Nous nous le sommes réappropriés et l’avons associé aux deux autres axes majeurs de notre association qui sont : le développement durable et la citoyenneté.

En fait, des thèmes hyper bateaux et donc hyper casse-gueule, mais on assume totalement. Pour nous ils ont une signification noble. C’est pourquoi 1°) on se documente, 2°) on débat et 3°) on essaie d’échanger avec d’autres.

C’est d’ailleurs un peu la nouvelle étape de la vie de l’association : on a beaucoup débattu entre nous pour savoir ce que devait être l’association, puis sur ce qu’on pouvait apporter aux gens et maintenant on emmène les gens à nos thématiques via l’échange et à travers le témoignage de personnes qui mettent déjà en pratique ces thématiques. C’est par exemple le cas ce soir avec la ville d’Aubagne.

Vous dites que le terme de démocratie participative a été galvaudé. Vous pensez aux dernières élections présidentielles ?
Tous les candidats ont utilisé « le poids de mots et le choc des photos »... Ceci dit, le concept de jury populaire ne me faisait pas peur. Le problème est de savoir ce que l’on met derrière. Est-ce une véritable volonté ou est-ce du marketing ?

Dans le MCG, il n’y a aucun enjeu personnel. C’est du débat d’idées et on y croit. On est capable si l’on tombe sur une expérience de démocratie participative ou de jury populaire qui fonctionne, de se demander si cela peut fonctionner sur La Garde. Nous avons une démarche purement intellectuelle sans aucun a priori.

La démarche intellectuelle est certes nécessaire, mais pour quoi ?
Il faudra en effet passer à l’action, mais il faudra aussi être plus nombreux au sein de l’association – c’est le but de ce type de réunion, rallier des gens. Quand les thématiques seront consolidées, nous verrons si nos propositions intéressent de futurs candidats aux élections municipales.

Vous vous présentez comme un think tank ?
C’est un peu ça. Une boîte à idée.

Votre association pourrait-elle présenter des candidats ?
C’est une possibilité. Il y a des gens charismatiques, d’autres pugnaces, d’autres encore, comme moi, qui ont déjà été élus dans d’autres villes et qui ont envie de faire de la politique autrement. Cela viendra. On y réfléchira. On a rencontré beaucoup de personnes impliquées dans la vie politique de La Garde et des communes environnantes. Notre mouvement est transparent. Nos idées sont disponibles sur notre blog. On ne peut pas faire mieux pour le moment. Quand le temps viendra, on verra ...

L’offre politique ne satisfaisant plus le citoyen, on assiste à l’émergence de groupements associatifs qui s’apparentent au vôtre. Comment par exemple vous situez-vous par rapport à l’association Ensemble ? Ne craignez-vous pas de rajouter à la confusion ambiante ?
C’est le grand dilemme. Le cas d’Ensemble nous a fortement inspiré. Nous les avons bien sûr rencontrés. Il y a quand même une petite différence entre nous. Ils ont décidé de proposer leurs idées à un parti politique. Le jeu est clair [1]. Ceci dit, peut-être nous noyons-nous dans la masse ? Nous l’avons vu sur le marché de La Garde. Les gens sont fatigués de recevoir des tracts politiques.

Le crédo du MCG, quand bien même on soutiendrait un candidat, c’est de garder son autonomie. Le MCG n’est pas un parti, il n’a pas d’étiquette et doit perdurer au delà de toute élection à travers ses diners-débats et son travail de clarification de la chose publique. Si déjà on assure cette base, cela sera bien.

Maintenant si l’on se met dans la course électorale, il est certain que l’on peut désorienter les gens. En même temps pourquoi ne voter qu’utile ? Pourquoi ne pas assumer ses choix et intégrer des mouvements qui ne sont pas des partis « classiques » ? Les partis politiques ne proposent plus d’idéaux. On en est là. Si on séduit les gens, c’est qu’il trouve quelque chose, sinon, on en prendra acte.

ATTAC a un peu cette démarche didactique. Pourquoi ne pas avoir monté une antenne de ce mouvement à La Garde ou dans la région ?
Pourquoi pas ? On n’a pas vraiment pensé à aller les voir mais le MCG étant un mouvement ouvert, pourquoi pas ? Cela sera soumis de toute façon aux membres de l’association qui n’ont pas forcément tous la même appréhension d’ATTAC. Nous insistons particulièrement sur le fait qu’on ne ferme la porte à personne. Ce qui est aussi intéressant c’est que le MCG n’a pas l’ambition de grandir au-delà de la sphère gardéenne. Mais nous avons rencontré tellement de gens, pourquoi pas ATTAC.

Vous dites que vous ne fermez la porte à personne. Mais vous vous situez bien quelque part sur l’échéquier politique ?
Certainement à la gauche de Sarkozy. Ce qui n’est guère difficile. En revanche nos statuts sont très clairs et devraient empêcher tout porteur d’une idéologie extrême et fascisante de pousser notre porte. Comme seules les idées rentrent en ligne de compte, des gens peuvent passer, ne pas être en phase et donc repartir. Mais je ne pourrai pas vous dire si des membres de l’association ont voté Sarkozy. Si l’on se base sur les 53% des élections, certainement.

Et cela ne vous pose pas de problème ?
Notre mode de fonctionnement est simple : nous débattons longtemps, jusqu’à épuisement des sujets et des débatteurs, et nous votons sur des propositions concrètes pour la ville de La Garde. Si les gens ne sont pas d’accord ... D’un côté, je crains le consensus qui peut déboucher sur des mouvements un peu mous, d’un autre côté, le temps où les idées s’opposent doit laisser la place à un temps où les idées se complètent. Cela peut paraitre très théorique dit comme cela. Mais pourquoi pas imaginer qu’un électeur de N. Sarkozy et un de J. Bové s’entendent à un instant T sur une thématique particulière ? Cela ne me parait pas une idée folle que de le croire.

Le fait de dire qu’il suffirait de rassembler le bon à droite et le bon à gauche, ce n’est pas une vision Bayrouiste ?
Il a en effet séduit quelques millions d’électeurs mais il ne nous correspond en rien. La seule confusion dont nous avons fait l’objet concerne notre dénomination. Nous avons bien dû spécifier que nous n’avions rien à voir avec le Mouvement Citoyen de JP Chevènement. Ceci dit, certains d’entre nous ont aussi dû voter François Bayrou.

Dans le cadre des élections municipales de 2008, quels sont vos rapports avec les élus locaux ?
On les connaît tous parce que certains d’entre nous ont une activité professionnelle ou associative importante à La Garde. On a en rencontré certains. D’autres ne veulent pas nous voir.

Lesquels ?
Cela n’a pas vraiment d’importance. Ils affirment vouloir nous voir sans concrétiser le moindre rendez-vous. Sûrement des stratégies politiques qui nous échappent. Nous avons nos idées. Et elles sont publiques. Mais cette phase de rencontre avec les élus est révolue. On est maintenant dans une nouvelle dynamique, plus tournée vers l’action. Le diner-débat de ce soir et la rencontre avec les gens en est la première étape.

Dans une période où on assiste à une radicalisation du discours – on parle par exemple de droite décomplexée – vous continuez de penser que le débat, la discussion et la démocratie participative ont un avenir ?
Complètement. C’est pourquoi nous sommes là ! Nous défendons des idées nobles, jusqu’à ce jour mal utilisées et galvaudées. Cela ne me dérange pas d’être dans le ZIG quand la majorité est dans le ZAG. Ce n’est pas grave d’être à contre-courant, et de devoir sans cesse réexpliquer les fondamentaux.

Une dernière question sur cette soirée. Que se passe-t-il exactement ?
On est content d’organiser notre premier diner-débat. On reçoit David CHIOUSSE, chargé de mission de la ville d’Aubagne, dont la mission depuis 2003 est d’organiser la démocratie participative et de la traduire dans les faits à travers un forum local. Aubagne s’ouvre ainsi au monde et aux thématiques alter-mondialistes. David CHIOUSSE vient donc faire le point sur l’expérience développée à Aubagne à travers des applications concrètes qui complètent et enrichissent les propositions du MCG.

Propositions qu’il faudra bien que quelqu’un porte.
Nous travaillons en effet sur des propositions qui seront soumises à un moment donné. Mais nous ne savons pas encore comment. Mais ce n’est pas grave.

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[1] Mais n’est-ce pas aussi l’objectif du MCG qui précise dans ses statuts qu’il désire « soutenir une liste avant et pendant la campagne électorale » ?

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