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Nicolas taille patron

samedi 15 décembre 2007
par Saint-Just

Le nez dans la neige, l’ogre médiatique avance, sûr de lui, piétinant le tapis rouge et les doigts qui le déroulent.
Cet ogre est petit, vorace, nauséabond.

LE mouvement populaire est bel et bien là, présent. Le parti socialiste l’oublie, trop content de rafler les circonscriptions autrefois estampillées communistes. Les médias à la botte du pouvoir préfèrent, eux, essuyer les larmes récurrentes d’un pauvre usager pris en otage par des grèves dites illégitimes ou le petit commerçant qui a perdu son magasin saccagé durant des émeutes de banlieue. « Les citoyens timides (...) ne redoutent rien tant que les émeutes populaires. Or le peuple ne se soulève que lorsqu’il est poussé au désespoir par la tyrannie. Et sa vengeance est toujours juste dans son principe, quoiqu’elle ne soit pas toujours éclairée dans ses effets. (...) Or à quoi devons-nous la liberté ? Aux émeutes populaires ». (D’après J.-P. Marat, L’Ami du Peuple, 10 novembre 1789)

Et les fadaises rosâtres d’élus prétendument de gauche apposent la vaseline sur le manche fièrement brandi par un gouvernement de charognards et de bras cassés. D’aucuns disent que le clivage gauche-droite a disparu. Une chose est sûre, c’est que le PS et l’UMP se retrouvent gaiement dans des soirées sado-masochistes, se distribuant les cartes électorales sur les genoux des uns des autres. Si la gauche n’existe plus au niveau institutionnel, tant pis ! Qu’elle meure seule dans les poubelles qu’elle s’est grandes ouvertes ! Une gauche hétéroclite, disparate, dispersée reprendra des couleurs à la chaleur de quelques flambées spontanées. Le 30 novembre dernier, au gymnase du Port Marchand, un combat professionnel de boxe opposait un sportif toulonnais à un homologue parisien. Le premier magistrat de la ville était présent. Avant le début du match, le speaker annonça sa présence. Des huées s’élevèrent du public. Cela fait réfléchir pour un homme qui sera réélu les doigts dans le nez en mars avec un score togolais. Le lendemain, l’équipe de France de handball féminin affrontait au palais des sports de Pau l’équipe d’Argentine. Assistait à la rencontre Bernard Laporte, secrétaire d’Etat aux sports, et ancien homme-sandwich du rugby national. Là aussi des huées se firent entendre à l’annonce de son nom. Nous ne parlons pas de la colère des magistrats et avocats face à la politique de Mme Dati, ni de la "grogne" étudiante contre Pécresse et Julliard. Le mouvement des cheminots et autres régimes spéciaux fut gentiment éteint par les leaders des confédérations syndicales. Lagarde, ministre de la bourse, propose de faire du vélo face à la montée du cours du pétrole. D’autres n’ont fait qu’un court séjour à la Conciergerie pour avoir ironisé sur des brioches. L’incompétence des ministres reflète les courants d’air cérébraux de leur chef.

Nicolas Sarkozy clame à la télévision qu’il n’est pas le père Noël. Qu’il se rassure le bougre : il n’est même pas le nain qui fabrique les cadeaux et les cornes qu’il porte ne sont pas les bois d’un renne de Laponie. Sarkozy est un laquais ; il promène le carrosse des capitaines d’industries, il époussette le canapé des rentiers, il raconte des histoires populistes aux retraités amateurs de sensations fortes. Il justifie l’ouverture pour s’entourer soit disant des meilleurs. Or le gouvernement des meilleurs, cela porte un nom : c’est l’aristocratie. Le pouvoir de Sarkozy est aussi bancal qu’un Directoire à l’aube du Consulat. Nicolas Ier tire une apparente grandeur à offrir des remises gracieuses à des hommes gavés d’argent et qui, « possédant une propriété, sont attachés au pays qui la contient, aux lois qui la protègent, à la tranquillité qui la conserve » (Boissy d’Anglas, discours préliminaire au projet de Constitution, 23 juin 1795). Pour la majorité des Français, Sarkozy se révèlera rien de plus qu’un bonimenteur, un fier-à-bras, qui injurie les petites gens, roule des mécaniques entourés de ses gardes du corps et méprise tel un seigneur en sa réserve la présomption d’innocence. En guise de politique extérieure, notre laquais national reçoit Omar Bongo à l’Elysée, cire les pompes d’un George Bush en fin de règne, applaudit chaleureusement à la dictature de Poutine, et se fait ridiculiser par un Kadhafi au meilleur de sa forme. Sarkozy, comme Bonaparte, parle d’une « République cimentée par le sang de tant de héros et tant de victimes » et occulte de dire que ses héros et ses victimes ont une autre mémoire que la sienne. Sarkozy est versaillais : le sang des héros et des victimes est celui de sa répression.

Alors pour la Saint Nicolas, pas de cadeaux, soufflons sur les braises et réchauffons-nous car l’hiver sera rude et long.

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  • Nicolas taille patron 1er janvier 2008, par Olga.
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