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Les pollutions nocturnes d’Hubert Soleil Falco (2/2)

lundi 31 décembre 2007
par Saint-Just

À force de propa... A force de communication, des édiles qui ne sont pas des lumières nous font passer des lanternes pour des vessies.

CHAQUE mois de décembre donne l’occasion aux autorités incompétentes de légitimer leur incohérence. Quand ce n’est pas dans le journal municipal, c’est dans Var Matin, et quand Var Matin ne prend pas l’initiative, les journalistes sont convoqués à une conférence de presse par les institutions publiques. Toulon Magazine remet encore cette année une couche sur les fabuleuses illuminations de Noël en même temps qu’il met en avant le fameux plan lumière destiné à « valoriser le patrimoine ». Pendant ce temps, les usagers sont appelés à la modération.

C’est beau, ça brille : c’est Noël bling bling !

Début décembre, Réseau de Transport d’Electricité agite la menace d’une panne totale du réseau électrique. Remède avancé : des coupures d’électricité entre 17h et 20h, c’est-à-dire au moment de pointe de consommation. RTE demande alors aux usagers de faire preuve de civisme. Cette fameuse citoyenneté résumée une fois de plus à l’obéissance béate des individus devant les aberrations du système. Le sifflet du toutou se matérialise par une alerte « électricité » du même type que les alertes sécheresse. Soit. RTE donne également quelques conseils afin d’éviter la surchauffe :

- pour les particuliers, éteindre la lumière dans les espaces inoccupés ; pour les collectivités, modérer les illuminations et l’éclairage public ;

- diminuer le chauffage ;

- éteindre les appareils inutilisés.

Or, au même moment, Hubert Falco se lance plein tube dans la gabegie électrique. La ville de Toulon comptait 500 motifs d’illuminations de Noël en 2001, 700 en 2002, 850 en 2003 (plus 15km de guirlandes et 45.000 ampoules), 950 en 2004. Aujourd’hui, notre maire soleil se gargarise de ses 600 arbres illuminés, des 80.000 ampoules, des 35km de guirlandes et des 1200 motifs qui font de Toulon « une ville lumière ».

Mieux encore, les habitants toulonnais sont poussés à la schizophrénie grâce au désormais traditionnel concours d’illuminations de façades. Lisons ce que nous promet le bulletin municipal : « Compte tenu du nombre croissant de participants et de l’engouement suscité, les Toulonnaises et les Toulonnais sont à nouveau conviés à participer au concours organisé par la Ville. Il s’agit comme pour les éditions précédentes d’illuminer fenêtres, balcons, jardins, vitrines et immeubles collectifs... les décorations devant être visibles de la rue. Les réalisations remarquées par le jury seront évidemment récompensées... Et d’avance un grand coup de chapeau à tous pour leur lumineuse participation à l’embellissement de la ville ! » On appréciera cet encouragement à la surconsommation d’énergie dans le droit fil du Grenelle de l’environnement.

L’idéologie des lumières toulonnaises

Ni raisonné, ni raisonnable, le plan lumière de la Ville de Toulon reflète une politique archaïque. Toulon Provence Méditerranée est, avec Marseille, l’agglomération française la plus rétive à la notion de développement durable. C’est même la seule à avoir refusé de répondre au questionnaire que lui avait adressé Alternatives Economiques [1] dans le cadre d’une étude comparative sur le sujet. Que nous dit ce magazine ?

Que si « Toulon dispose d’un potentiel important » en énergies alternatives, il est « très peu exploité ». L’utilisation de l’énergie photovoltaïque pourrait permettre d’économiser jusqu’à 70% des besoins en chauffage et eau chaude des habitations et équipements publics (contre 30% à 50% à Strasbourg par exemple) de par une disponibilité exceptionnelle (Toulon compte 300 jours d’ensoleillement par an). Si l’on compare l’énergie photovoltaïque avec l’énergie nucléaire, son utilisation présente une bonne fiabilité de fonctionnement (donc un risque bien moins élevé au présent comme au futur), une autonomie de plus en plus accrue, une bonne résistance aux conditions naturelles, le tout pour une maintenance légère.

En pays de mistral, l’énergie éolienne pourrait également être valorisée, mais elle est négligée. Tout comme les « filières bois-énergie et géothermie ». Et nous ne parlons pas de possibilités offertes par la mer.

L’argument de la sécurité revient sans cesse dans la légitimation du gaspillage électrique. Di Giorgio, c’est un peu le soleil d’Austerlitz de la délinquance. Face à son rayonnement, les troupes délinquantes déguerpissent.

Ce leitmotiv cache des lacunes dans de nombreux domaines. Il est plus aisé d’illuminer l’opéra municipal que de fournir un éclairage digne de ce nom (c’est-à-dire total) aux expositions du Musée des Arts Asiatiques. Ce musée, qui certes ne brille pas toujours par la mise en avant de sa collection, ne dispose pas de l’éclairage suffisant pour permettre au visiteur d’apprécier le contenu de toutes les vitrines. La sympathique ouvreuse compatit à la douleur du curieux mais répète inlassablement que c’est parce que ce musée est gratuit. Passons.

L’éclairage public permet de souligner aussi l’ancrage idéologique de la municipalité. L’Algérie à Toulon est Française, et rien d’autre. Ne nous attardons pas.

Enfin, cet hiver à Toulon, l’électricité a été coupée à une bonne quarantaine de familles. Ces ancrages droitiers sont décidément pour Toulon de tristes naufrages.

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Lire aussi : les pollutions nocturnes d’Hubert Soleil Falco, première partie.

[1] Alternatives Economiques, Hors-série pratique n°29, mai 2007.

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