Toulon  Var agglomération Qualité France Média Economie Culture Justice et injustices Cuverville sans frontière Cuverweb pratique
Maison fondée à Toulon en 1995

LETTRE D'INFORMATION | CONTACT

SCOT Toulonnais : le diagnostic officiel

La cohérence territoriale pour les nuls (2/4)
jeudi 4 mars 2010
par Gilles Suchey

L’élaboration du Schéma de COhérence Territoriale s’appuie forcément sur un état des lieux : comptabiliser les erreurs et nommer les atouts permet de mieux appréhender l’avenir. Le diagnostic des experts de l’agglomération Toulon Provence Méditerranée est sans appel.

À la fin du chapitre précédent, nous dressions un tableau fort peu élogieux du développement toulonnais depuis la seconde guerre mondiale. Esprit systématiquement critique des geeks anarcho-trotskystes sévissant sur Cuverville ? Non. Il suffit de lire la partie la plus intéressante des documents relatifs au SCOT, à savoir les 83 premières pages du rapport de présentation (qui en comporte 374) pour s’en convaincre. Les spécialistes mandatés par Robert « la prise de conscience est derrière nous » Beneventi, président du syndicat mixte du SCOT, ont bossé en conscience. Il faut dire que la plupart des élus siégeant au syndicat ne jouaient pas encore dans la cour des grands avant les années 2000 et ne doivent donc pas se sentir concernés par le désastre révélé.

LES 83 pages de diagnostic s’achèvent sur une conclusion intégralement reproduite ci-dessous (termes soulignés par nous) :

« - L’aire toulonnaise est une métropole méditerranéenne qui connaît un positionnement stratégique entre Marseille et Nice et dispose de certains atouts importants : poids démographique (530.000 habitants et troisième pôle urbain de PACA), première base navale de Méditerranée, essor des industries et activités liées à la mer, agriculture dynamique, présence d’une forte activité touristique et résidentielle... Cependant, elle peine à affirmer sa place dans le chapelet des villes de l’arc méditterannéen, notamment à travers de grands programmes générateurs de rayonnement.

- La forte croissance démographique de l’aire toulonnaise trouve sa cause en grande partie dans l’attractivité migratoire. Cette croissance se localise pour une trop grande part en dehors du coeur de l’agglomération et concerne de façon marquée les classes d’âge de plus de 40 ans, ce qui a pour conséquence un vieilliessement général du territoire, plus marqué qu’en moyenne en France.

- Les surfaces artificialisées ont doublé entre 1972 et 2003, alors que la population a seulement été multipliée par 1,67. Cette tendance est due au mode de développement extensif de l’aire toulonnaise depuis trente ans qui ne permet pas de préserver durablement les espaces agricoles et naturels.

- L’aire toulonnaise n’a jamais affiché de stratégie en matière d’organisation de l’espace et de localisation préférentielle des équipements et des services. Cette absence de stratégie nuit à l’attractivité, au rayonnement et à la complémentarité des pôles majeurs et au renouveau des centralités urbaines et villageoises.

- Le trafic automobile enregistre toujours une forte augmentation, faisant craindre, à terme, une saturation générale des grands axes de voirie. Cette tendance s’explique par un mode de développement basé presque exclusivement sur les axes routiers et par l’insuffisance de l’offre de transports collectifs. De plus, l’aire toulonnaise n’offre qu’une très faible part aux modes doux (vélos, marche) dans ses modes de déplacements.

- L’aire toulonnaise ne produit pas assez de logements et cette offre est en décalage croissant par rapport à la solvabilité des ménages. Cette tendance est aggravée par la faible optimisation du foncier, liée en partie à l’absence de politique foncière coordonnée et globale.

- Les atouts économiques de l’aire toulonnaise reposent notamment sur des piliers forts en terme de nombre d’emplois, sur l’existence de niches emblématiques et sur une baisse certaine du chômage jusqu’en 2007. Cependant, l’absence d’une stratégie globale de développement économique n’a pas permis d’organiser correctement une armature d’espaces économiques, d’éviter ainsi les concurrences entre certains espaces (centre-ville et nouveaux pôles par exemple) et de conforter durablement l’activité agricole.

- Le littoral est l’espace le plus convoité de l’aire toulonnaise et connaît en même temps des espaces naturels relativement bien préservés. Dans ce contexte, il ne fait pourtant pas l’objet d’un projet global, à l’échelle de l’aire toulonnaise, visant notamment à trouver un équilibre entre préservation et développement.

- Devant les évolutions sociales et les nouveaux rythmes de vie de nos sociétés, l’aire toulonnaise fait face à trois principaux enjeux, qui peuvent néanmoins se transformer en opportunité pour créer des emplois : la difficulté d’accès aux services pour les actifs, le manque de prise en compte du vieillissement et un développement culturel à encourager ».

Résumé du résumé : bétonnage (le mot vulgaire pour "artificialisation"), bagnole et absence chronique de stratégies dans tous les domaines [1] sont les mamelles du développement toulonnais.

Forts de ce constat sans appel, les experts ont bâti un SCOT qui déchire sa race comme disent certains quand ils se laissent déborder par l’enthousiasme, et comme nous le verrons dans le prochain chapitre.

(À suivre)

Imprimer Imprimer

La cohérence territoriale pour les nuls

Chapitre un : comprendre mon SCOT

Chapitre deux : SCOT toulonnais : le diagnostic officiel

Chapitre trois : un SCOT pour rien

Chapitre quatre : le technopôle de la Mer sera construit en plein champ

[1] Sauf à parler du sens des affaires, parfois, et des stratégies électoralistes à court terme, toujours.

Répondre à cet article

<span style='text-transform: uppercase;'>La médiocrité au service des Varois</span>
Retour vers la rubrique
<span style='text-transform: uppercase;'>Toulon Var agglomération</span>
Dans le m?me dossier
Dexia : le cas de l’agglomération toulonnaise
(23/09/2011) (5 messages)
Le technopôle de la Mer sera construit en plein champ
(18/09/2011) (4 messages)
Journal de la traversée de Toulon, 1990-2010
(25/01/2011) (3 messages)
Journal de la traversée de Toulon, 1970-1990
(14/01/2011) (2 messages)
Aménagement urbain : place à la politique du vide (2/2)
(28/11/2010) (1 message)
Aménagement urbain : place à la politique du vide (1/2)
(14/11/2010) (2 messages)
TCSP toulonnais : bus ou tramway, M. Chenevard nous mène en bateau
(09/11/2010) (9 messages)
La médiocrité au service des Varois
(18/03/2010) (5 messages)
Un SCOT pour rien
(07/03/2010) (1 message)
Comprendre mon SCOT
(28/02/2010) (3 messages)
Les br?ves
De retour à Toulon, Hubert Falco prend le dossier de la petite enfance à bras le corps
(07/12/2010)
Programme culturel ou combat d’arrière Garde ?
(06/06/2010)
Régionales : l’UMP perd, Falco fanfaronne
(14/03/2010) (3 messages)
Vivement le travail dominical pour sauver les Mcdo de Toulon
(10/02/2010) (1 message)
C’est la saison des amours : Mariani, Falco et Couderc lèvent le Pied-noir
(08/02/2010)