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Gestion de l’eau : Toulon s’engage (3)

vendredi 28 septembre 2007

AU milieu des années quatre-vingt, quand Péchiney mit un terme à l’exploitation des mines de bauxite de Mazaugues, les gestionnaires de l’eau des collectivités locales voisines négligèrent de s’intéresser à l’exhaure [1]. Les pompes, dont la vocation était de rejeter à l’extérieur des galeries l’eau d’infiltration qui s’y accumulait (cela se chiffre en millions de litres), furent abandonnées.

Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis. Pour faire face à la sécheresse devenue chronique et tenter d’éviter que les galets du Caramy ne brûlent au soleil pendant les mois d’été, le Conseil Général du Var entreprit en 2006 un pompage expérimental des eaux baignant les profondeurs de l’ancien site Péchiney, avec l’idée de les réinjecter dans la rivière.

Un an plus tard, le 27 mai 2007 pour être précis, la préfecture signa un arrêté autorisant Veolia, après le Département, « à effectuer un pompage d’essai dans les anciennes mines de Mazaugues ». « L’opération projetée sera limitée dans le temps et a pour objectifs de poursuivre l’étude du potentiel en eau du secteur et de valider certaines hypothèses formulées à l’occasion des essais entrepris par le Conseil Général du Var en 2006, de soutenir le débit du Caramy à l’aval du pompage, améliorant de ce fait la qualité du milieu, enfin d’apporter un volume d’appoint au barrage de Carcès dans une période critique de ressource en eau ».

« Les eaux pompées seront rejetées, après décantation dans un chenal, dans le vallon de l’Epine, affluent du Caramy [...] Les pompages devront commencer au plus vite pour anticiper l’assèchement de la rivière Caramy et seront poursuivis jusqu’au retour des précipitations automnales lui garantissant un débit naturel minimal ».

L’intérêt pour Veolia, on le comprend bien, réside dans l’augmentation du volume d’eau disponible pour l’agglomération toulonnaise quand la ressource devient rare.

Dans un article publié le 19 septembre dans Var matin [2], la correspondante permanente de la mairie toulonnaise qui officie sous la signature "LEA" célèbre la stratégie économique de la Ville car celle-ci, comme on nous le raconte, n’a pas eu besoin cet été de faire appel à la société du Canal de Provence (dont on sait que les tarifs augmentent considérablement après le printemps) pour son alimentation en eau. En effet, « de juin à septembre, 1 million de mètres cubes d’eau a été tiré des mines de Mazaugues et de Combecave et conduit jusqu’au lac de Carcès via le Caramy » (deux autres raisons invoquées pour cette autonomie conservée : la ville a acheté de l’eau au Canal de Provence plus tôt dans l’année quand elle était moins chère, et puis « les Toulonnais ont fait de sacrés efforts en matière d’économie d’eau »).

Pourtant, concernant la gestion de l’exhaure des mines de Mazaugues, le tableau n’est peut-être pas aussi idyllique qu’annoncé. Déjà, alors que l’arrêté préfectoral prévoit l’alimentation des pompes par une ligne EDF, il semblerait que Veolia ait dû se contenter de groupes électrogènes, consommant ainsi une quantité astronomique de carburant pas franchement vert.

Surtout, la police de l’eau serait intervenue pour dresser une contravention à Veolia, incapable malgré l’exhaure des mines de Mazaugues de respecter certains débits d’étiage comme l’impose le Code de l’Environnement. Le montant de la prune est proportionnel au nombre de mètres cubes manquants. Il paraît que la note est particulièrement salée. Suffisamment salée pour faire regretter l’eau du Canal de Provence ?

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[1] La Régie des Eaux et de l’Assainissement toulonnaise faisait la pluie et le beau temps, si on peut dire, avant la privatisation de 1989.

[2] « La consommation d’eau baisse, le montant de la facture aussi ».

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