Cuverville
Toulon Var agglomération
Article mis en ligne le le 1er /10 /2006
Asthmatique ?
par Gilles Suchey

Le fait est qu’en juillet vous avez beaucoup toussé.
Irritation de la gorge, maux de tête, difficultés respiratoires. Et l’allergologue n’a pu trouver l’origine des troubles malgré ces 40 scarifications pratiquées sur votre bras droit.
Qu’à cela ne tienne. Le docteur Cuverville, médecin dixième dan, établit le bon diagnostic du premier coup.

Alors que débute la conférence internationale sur le réchauffement climatique et les moyens de transport alternatifs plus communément appelée Mondial de l’automobile, nous nous intéresserons aux chiffres relatifs à la pollution de l’air dans le Var pour les mois de juin et juillet 2006.

Les zozos écologistes spécialistes qui nous délivrent ce bilan estival sont employés par Airmaraix, une des 41 associations agréées par le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable sur l’ensemble du territoire. Leur mission consiste à surveiller la qualité de l’air selon les différentes sources de pollution possibles.
Sept stations auscultent ainsi l’agglomération toulonnaise. Quatre à Toulon, une à la Valette, une à Hyères, une à la Seyne qui n’a pu participer au chiffrage pour cause de travaux, c’est ballot. Aucune d’entre elles n’a pour mission d’analyser la pollution par métaux lourds, malgré l’activité industrielle de l’arsenal et la présence d’une usine d’incinération à proximité d’un ensemble résidentiel. Est-ce ballot ? Non, car cette usine d’incinération est méga-propre ISO-14000 et tout le toutim.

Les propos entre guillemets sont issus de L’air au quotidien et autres documents se trouvant sur le site d’Airmaraix.

Dioxyde d’azote : stable
« Malgré le temps stable qui a marqué cette période de canicule, les niveaux de dioxyde d’azote n’ont pas augmenté. On note cependant des pointes plus nombreuses, avec 45 dépassements de l’objectif de qualité (135 µg/m3/h) sur ces deux mois. Le maximum observé sur ces deux mois a été de 190 µg/m3 sur Toulon Foch le 8 juin ».
Le NO2 (dioxyde d’azote) est un polluant d’origine principalement automobile. « Ses principaux effets sur la santé sont une altération de la fonction respiratoire chez l’enfant en particulier, une hyper réactivité bronchique chez l’asthmatique et des troubles de l’immunité du système respiratoire ».

Particules en suspension : 32% d’augmentation
« Contrairement au dioxyde d’azote, les concentrations de particules ont augmenté de +32% sous l’effet du manque de vent qui a marqué ces deux mois. Cette hausse a provoqué le dépassement de la valeur limite (50 µg/m3/jour) 22 fois, avec une valeur maximale de 70 µg/m3 mesurée à Toulon Foch le 28 juin ».
Les PM10 (particules en suspension d’un diamètre aérodynamique inférieur à 10 µm) sont principalement issus de la combustion des produits pétroliers. Si la concentration en PM10 augmente, c’est aussi à cause de l’engouement pour le diesel — prix du carburant oblige. « Ses effets sur la santé sont une altération de la fonction respiratoire chez l’enfant en particulier, une irritation des voies respiratoires inférieures, des effets mutagènes et cancérigènes et une mortalité prématurée. Les particules sont un cofacteur de la bronchite chronique en cas d’exposition prolongée ». Décidément. On comprend pourquoi, parmi les nouveautés exposées sur les stands du Mondial de l’automobile, le siège bébé le plus applaudi est celui équipé d’une assistance respiratoire.

Pollution à l’ozone : un record de durée
« Cet été a vu l’épisode de pollution à l’ozone le plus long jamais enregistré en PACA. Sur la région, le seuil de recommandation (180 µg/m3/h) a été dépassé 18 jours d’affilée, du 9 au 26 juillet. Entre le 24 juin et le 26 juillet, ce seuil a été franchi 31 jours sur 33. La plupart de ces dépassements ont concerné au moins les Bouches-du-Rhône et souvent les autres départements de PACA à l’exception des Hautes-Alpes ».
L’O3 (ozone) est un polluant issu de réactions complexes faisant intervenir les NOx — donc le dioxyde d’azote, voir plus haut — et les composés organiques volatiles sous l’action du rayonnement solaire. « Ses effets sur la santé sont une irritation des muqueuses bronchiques et oculaires, des maux de tête, une diminution de la fonction respiratoire, une hyper réactivité bronchique » dont il était question en introduction de l’article.

Indice ATMO
Contraint de répondre à la demande d’information du public en matière de qualité de l’air, le Ministère de l’Environnement a établi depuis quelques années un indice journalier pour les unités urbaines de plus de 100.000 habitants. ATMO s’échelonne de 1 (très bon) à 10 (très mauvais). D’où le tableau suivant (juin et juillet 2006) :

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3/4:bon - 5:moyen - 6/7:médiocre - 8:mauvais.

Bon. C’est pas tout ça — kof kof — mais il est temps de retourner aux vraies préoccupations des Français, à savoir le terrorisme et l’insécurité — kOF KOF argkkk KroFF bordel, où ai-je encore foutu ma ventoline ?