Cuverville
Economie
Br?ve mise en ligne le le 17 /04 /2004
La canicule ou les plans sociaux !

Hubert Falco, ministre délégué aux fruits trop mûrs, souhaite imposer aux maisons de retraite la climatisation d’une pièce de vie d’ici l’été, pour 80% des structures existantes (cela n’a rien à voir avec les quotas du baccalauréat).
Pascal Champvert, directeur de l’Adehpa [1], déplore que « M. Falco ne débloque pas un seul crédit », et considère qu’ « imposer cet objectif n’est ni pragmatique, ni raisonnable. » L’Adehpa, qui représente les maisons de retraite publiques, mais surtout privées, pense que l’Etat doit financer l’installation des clims. De plus, « L’Adehpa juge impératif de débloquer des crédits pour permettre à chaque maison de retraite d’employer en juillet-août 2004 trois saisonniers, élèves infirmiers ou étudiants en médecine, qui, canicule ou pas, “aideront les pensionnaires à mieux vivre” » [2] Encore une fois, la solidarité impose que l’Etat finance l’embauche de précaires saisonniers pour aider les instituts privés à vendanger les vieux vignobles. « Et puis, ajoute Pascal Champvert, imposer sur l’ensemble du territoire la climatisation qui ne servira que tous les cinq ou dix ans cela n’a pas de sens. Les pouvoirs publics doivent d’abord financer un bilan thermique, avant que soit fait un point établissement par établissement » [2].

Par ailleurs, selon une dépêche AFP, on apprend que « le marché de la climatisation s’envole en France » (15 avril 04) : « “depuis l’été 2003, nous surfons sur une grosse vague. Nous avons eu une très belle arrière saison, les demandes sont soutenues”, se réjouit Laurent Parisse, chef de produits chez le français CIAT. “Depuis le début d’année, nos ventes ont enregistré une augmentation de 75% par rapport à la même période l’année dernière. En mars dernier, l’augmentation est même de 250%”, poursuit-il. Epiphénomène ou phénomène durable, les professionnels prudents n’avancent aucune prévision pour l’avenir et s’inquiètent de leur capacité à absorber la demande si celle-ci restait soutenue. “La grande interrogation est de savoir si la croissance va se poursuivre dans les mêmes proportions et si nous pourrons répondre à la demande”, résume M. Folempin. L’an dernier, ajoute M. Gouyé, le secteur a connu des “ruptures de stocks et un manque de main d’œuvre. Il est évident que plus la demande est tardive et moins nous pourrons y répondre”. Reste le substantiel marché des maisons de retraite après les déclarations du ministre délégué aux Personnes âgées, Hubert Falco, d’équiper 80% des 10.000 maisons de retraite publiques et privées d’une “pièce rafraîchie” d’ici juin. “Il y a la volonté politique, les contacts sont pris mais les commandes ne sont pas encore passées et la question de budget n’est pas résolue”, relève M. Parisse. »

Et bien croisons les doigts. Souhaitons à nos dignes entrepreneurs (en maisons de retraite ou climatiseurs) une bonne canicule afin qu’ils récoltent le fruit de leurs investissements.
Pour la Rentabilité, pour l’Emploi, pour la Croissance.




[1] Association des directeurs d’établissements d’hébergement pour personnes âgées.

[2] in le Quotidien du Médecin, Le cri d’alarme des directeurs de maisons de retraite (17 mars 04).