Cuverville
Média
Br?ve mise en ligne le le 13 /04 /2009
Chez les journalistes varois, le rouge-brun se porte bien

Imaginez que vous soyez journaliste sportif dans un quotidien régional dit de gauche et qu’à temps perdu votre plume vous démange au point d’écrire tout un bouquin. Imaginez que vous soyez contre les médias dominants mais que vous en ayez besoin pour faire votre promotion (bonjour la schizophrénie). Vous prendriez votre téléphone et hop ! l’affaire serait dans le sac : en une semaine, vous passeriez à la télé, à la radio et dans les journaux.

Imaginez maintenant que cette histoire ne soit pas imaginaire et qu’elle se soit déroulée, telle un tapis rouge, pour Johan Livernette. Vous avez peut-être croisé le gus dans un gala de boxe ou dans les compétitions sportives de vos enfants. Normal, il est journaliste sportif à La Marseillaise — oui, oui, la version provençale de L’Humanité. Si vous êtes accroc au RCT et à internet, vous avez dû tomber sur son blog — dont on vous laisse rechercher l’adresse.

Johan Livernette, donc, a commis, il y a peu, un livre politique qu’il qualifie lui-même de pamphlet appelant à une démarche subversive contre les grands medias. Pour être tout à fait juste, Cuverville n’a pas lu ce livre. La mauvaise odeur qui s’en dégage, pas celle du soufre, conduit à nous contenter des propos déjà costauds que son auteur a tenus dans plusieurs interviews. L’homme s’élève facilement contre l’ « apologie du métissage », contre « la politique immigrationniste de gauche comme de droite qui par l’immigration massive du regroupement familial qui a donné plus de délinquance, plus de chômage, plus de discriminations », etc.

Attention ! Livernette est un journaliste de terrain : il va lui-même en vacances au Maroc pour constater les malheurs de cette fameuse politique « immigrationniste ». Il n’hésite pas non plus à regarder Laurent Ruquier pour affiner ses analyses politiques et en déduire, comme peu d’éditorialistes dans le monde le font, que finalement « Eric Zemmour est plus marxiste que la gauche bobo » (cette gauche bobo qui va, selon lui, du PS à Besancenot).

Autant de subversion n’empêche pas notre journaliste-des-bistrots-contre-la-langue-de-bois-politicienne de dédicacer son ouvrage à l’Holiday Inn (le bien connu hôtel des pauvres) ou chez le petit libraire indépendant Charlemagne. Sa « dissidence » d’électron libre « qui veut bousculer l’ordre établi » l’a amené à converser avec ses confrères. Le 30 mars 2009, dans Var Matin (chez qui il avoue avoir beaucoup de copains), Livernette déclare son attachement à des gens aussi fréquentables que Dieudonné ou Alain Soral. Laisser la parole à des partisans de l’extrême-droite chez Var Matin est une vieille habitude, notamment dans le "courrier des lecteurs". Le 9 avril dernier, Livernette exposait ces convictions pendant quatre minutes sur Radio Mistral. Nous éludons son passage sur France 3 Toulon.

Où se trouve la vraie conscience politique ? Dans la dénonciation du « lobby sioniste surpuissant qui ronge la plupart des puissances mondiales ». Où se trouve le parler-vrai ? « Au bistrot ». Quelle est la vérité ? « Tous ceux qui diabolisent Dieudonné sont des tarlouzes » (Forum Fnac Toulon, 10 avril 2009). Avec une réflexion aussi sévèrement burnée que celle de Johan Livernette, c’est sûr, le peuple n’a plus de souci à se faire. Les médias non plus.